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Je rêve que l’école québécoise puisse offrir à tous ses enfants des sorties culturelles

Photo du rédacteur: revueartillerierevueartillerie

Par Geneviève Lanoue, enseignante en art dramatique au secondaire


Geneviève Lanoue a gradué de l’École supérieure de théâtre en enseignement de l’art dramatique en 1998. Ayant une année de scolarité en Littérature, elle a pu se trouver une place dans le monde l’enseignement en tergiversant entre les classes de français et celles d’art dramatique au secondaire. C’est en septembre 2005 qu’elle obtient enfin un poste en art dramatique à La Polyvalente Chanoine Armand-Racicot, à St-Jean-sur-Richelieu. Les années ont amené Geneviève à se spécialiser au premier cycle du secondaire.

C’est en novembre 2004 que Geneviève devient membre du CA de L’Association Théâtre éducation du Québec (ATEQ). Deux années plus tard, en novembre 2006, le conseil d’administration la nomme présidente. Rôle qu’elle tiendra jusqu’en janvier 2018.Ces années au sein de l’ATEQ l’on amenée à organiser des formations continues pour les enseignants d’art dramatique du Québec et à travailler sur des tables de consultation ministérielles telle que la Table sur les sorties scolaires en milieu culturel. Portée par un profond désir de contribuer à la recherche en éducation théâtrale, Geneviève retourne à la maîtrise à l’École supérieure de théâtre où elle entame une recherche qui s’oriente sur les stratégies d’apprentissage, l’enseignement de la lecture et de l’art dramatique.


 

En juin dernier, le ministre de l’Éducation expliquait ses directives face aux frais chargés aux parents. Cette déclaration affirmant entre autres que les sorties culturelles qui ont un lien avec le programmene peuvent pas être payées par les parents a inquiété le milieu culturel et a semé la confusion en éducation, particulièrement chez les enseignants d’arts.


Aujourd’hui, en écrivant ces lignes, en plein cœur de mes vacances, je suis perplexe. Je me questionne encore. Pourrons-nous, comme à l’habitude, faire nos demandes de subventions pour nos sorties artistiques? Même si le ministre Proulx disait que son ministère ainsi que celui de la Culture investiraient davantage, ces sommes couvriront-elles les frais du billet et le transport pour tousles élèves? Jusqu’à la dernière année scolaire, les subventions, quand elles étaient octroyées par le programme La Culture à l’école,ne couvraient qu’un maximum de 75% des frais de sortie, il fallait donc que quelqu’un paie la balance. Jusqu’alors, la facture était refilée aux parents. Maintenant, qui paiera? Comment ferons-nous alors pour chercher ses subventions? Comment pourrons-nous nous assurer que ces montants arriveront à temps pour réserver nos places dans les théâtres sans que ces derniers soient obligés d’annuler certaines représentations?


Pour nous, enseignants d’art dramatique, la sortie au théâtre devient une continuité significative et nécessaire. Il ne nous viendrait pas à l’esprit de faire rédiger un texte à des élèves sans leur avoir fait lire des auteurs significatifs et reconnus auparavant. L’enseignement des arts est obligatoire du premier cycle du primaire au dernier cycle du secondaire et tous les élèves du Québec doivent apprendre à Apprécier les œuvres selon l’art dans lequel ils sont inscrits.


Les jeunes comprennent mieux certaines notions vues en classe et apprennent à aimer leur travail en création et en interprétation quand ils ont des références, quand ils peuvent se projeter, quand ils ont des modèles.


Au moment où vous lisez cet article, les élèves sont retournés en classe, les théâtres ont débuté leur saison et j’espère que le ministre a réussi à clarifier la situation. Je souhaite qu’il ait réussi à démocratiser la culture en la rendant accessible à TOUS les élèves du Québec. J’ai espoir, mais je ne peux faire autrement que de m’inquiéter. Je crois fermement que les sorties scolaires artistiques permettent de partager avec ses pairs un instant unique d’émerveillement. Sans les enseignants qui les organisent, plusieurs élèves du Québec n’auraient tout simplement pas accès à ces moments magiques. Ces sorties vont au-delà de l’apprentissage, elles aident à ouvrir l’esprit, à s’imaginer un monde autrement, à développer son esprit critique.


Je souhaite ardemment que cette tempête se soit atténuée. Si c’est le cas, il demeurera important de se rappeler que nous enseignons le théâtre d’abord parce que nous sommes passionnés de cet art si complet, si émancipateur et que si nous l’aimons à ce point c’est en grande partie grâce à des compagnies, des troupes et des salles qui nous ont à tour de rôle séduits. Il faudra donc continuer à défendre les intérêts du théâtre et de ses artisans en organisant des sorties mémorables pour nos élèves et en fréquentant nous-mêmes les milieux artistiques.


Si ce brouillard s’est dissipé, il faudra tout de même rester vigilants et continuer de s’assurer que l’enseignement artistique de qualité et les sorties culturelles soient accessibles à tous, du plus petit au plus grand qu’importe le milieu d’où il vient.

Depuis plusieurs années je chéris le souhait d’offrir à tous les élèves du Québec le cadeau de notre culture. D’ici à ce que mon vœu se réalise, je continuerai à faire la promotion de l’accessibilité aux arts. Je continuerai à aller au théâtre avec mes classes. D’ici à ce que mon vœu se réalise, je continuerai à fréquenter les milieux culturels.

 
 
 

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